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Audiovisuel public: le rapport Alloncle continue de faire des vagues avant même sa publication
information fournie par AFP 28/04/2026 à 16:29

Le député UDR Charles Alloncle, rapporteur de la Commission d'enquête sur l'audiovisuel public, à l'Assemblée nationale, le 8 avril 2026 à Paris ( AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT )

Le député UDR Charles Alloncle, rapporteur de la Commission d'enquête sur l'audiovisuel public, à l'Assemblée nationale, le 8 avril 2026 à Paris ( AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT )

Entre la dénonciation de "méthodes d'extrême droite" et des appels à son application rapide, le rapport du député Charles Alloncle sur l'audiovisuel public a continué mardi d'être âprement débattu avant même sa publication.

La commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public a adopté lundi ce rapport de près de 400 pages par 12 voix contre 10, malgré de vives protestations de la gauche. Il sera rendu public lundi prochain.

Le président de cette commission, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), s'est prononcé pour. Il souhaite que "les Français puissent juger des méthodes de l'extrême droite" et "de la manière dont Charles Alloncle dans un rapport parlementaire insinue, porte des accusations graves" envers des personnes, s'est-il justifié mardi sur France Inter au sujet du travail de son collègue UDR, allié du RN.

La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, s'est pour sa part félicitée sur Europe 1/CNews que "ces travaux voient un aboutissement public".

La commission avait été créée fin octobre dans la foulée de l'affaire Legrand-Cohen, deux journalistes du service public accusés de connivence avec le Parti socialiste après la diffusion d'une vidéo.

Le rapport, fruit de près de six mois de travaux et d'auditions sous haute tension, prône une cure d'austérité drastique devant permettre de dégager plus d'un milliard d'euros, soit un quart des crédits alloués par l'État à l'audiovisuel public.

Au micro de franceinfo, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a estimé que la commission d'enquête a été "utilisée" par Charles Alloncle "à des fins politiques" pour "porter les idées du Rassemblement national et d'Eric Ciotti".

Celles-ci "visent à une destruction de l'audiovisuel public", a-t-elle ajouté.

- "transparence" -

Devant la presse, la cheffe de file des députés RN, Marine Le Pen, a considéré "qu'il faut évidemment à tout prix que le gouvernement se penche sur ces préconisations".

Et ce, "d'autant qu'un certain nombre de très lourds dysfonctionnements sont apparus au cours de cette commission d'enquête, qui a donc été très utile pour l'information de nos compatriotes".

Le député UDR Charles Alloncle (g) et le président de la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), à l'Assemblée nationale, le 2 février 2026 à Paris ( AFP / Thomas SAMSON )

Le député UDR Charles Alloncle (g) et le président de la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), à l'Assemblée nationale, le 2 février 2026 à Paris ( AFP / Thomas SAMSON )

Les élus RN et LR ont approuvé le rapport, la gauche s'y est opposée et Renaissance et le MoDem se sont abstenus.

"Ce que je regrette et que je déplore, dans ce front pour la censure, c'est que ça dévoile un système d'élus de gauche qui considère l'audiovisuel public comme leur petite chose", a accusé Charles Alloncle mardi.

Le RN est favorable à la privatisation de l'audiovisuel public. Charles Alloncle ne fait pas cette recommandation dans son rapport, mais juge que "ce n'est pas en mettant la poussière sous le tapis qu'on arrivera à sauver ces entreprises", France Télévisions et Radio France.

"Rien ne vaut la transparence sur l'utilisation de l'argent des Français", a-t-il ajouté, invité successivement d'Europe 1 et CNews.

Ces deux médias dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré ont pris pour cible l'audiovisuel public ces derniers mois en pointant son coût et un supposé manque de neutralité.

Avant le vote crucial de lundi, Le Monde a révélé que Lagardère News, propriétaire notamment d'Europe 1, avait envoyé à des députés une série de questions à poser aux personnes auditionnées.

Le président de la commission d'enquête s'est demandé mardi si M. Alloncle avait pu agir "par consigne ou par commande" de personnes qui voudraient "racheter l'audiovisuel public à vil prix".

Les députés MoDem vont travailler à un "contre-rapport" à celui de Charles Alloncle, a indiqué l'un d'eux, Erwan Balanant.

Interrogée par la socialiste Fatiha Keloua-Hachi sur ce document "à charge" du député UDR, la ministre de la Culture Catherine Pégard a affirmé devant l'Assemblée nationale que "l'audiovisuel public est notre bien commun".

Pour le gouvernement, les "vrais défis" sont "la menace inquiétante de la désinformation, les fausses informations, les réseaux sociaux dont le service public peut être l'antidote", a-t-elle dit.

6 commentaires

  • 17:36

    @Brouilletm avec de Montchalin on saura tout de suite la direction que prendra ce Contre rapport. Les macronistes ne peuvent que soutenir les médias qualifiés (chers à Macron)


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